Tomber les masques !

Au jour des Cendres s’ouvre notre marche vers la liberté. Les Cendres évoquent un chemin de feu où seront brûlées toutes les inutilités de notre existence. Les Cendres qui marqueront nos visages, nous rappellent l’ancienne formule « Souviens-toi que tu es poussière ».

Soufflez sur de la poussière, elle se disperse, rien n’est plus volatile! Pourtant au livre de la Genèse lorsque Dieu souffla sur la poussière du sol il en jaillit l’être le plus consistant qui soit à la manière du vent qui dans le désert donne naissance à la rose des sables ! Il en fit jaillir un être appelé à l’éternité ! Ce souffle de vie fit de nous les êtres les plus spirituels de toute la création… à la ressemblance de Dieu. Acquiescer à cette identité spirituelle consiste pour nous chrétiens, à marquer du sceau de la prière, du jeûne et du partage, les 40 jours qui nous séparent de la fête de Pâques.

Trois repères inséparables les uns des autres. Ils trouvent leur sens et force les uns par les autres.
Pour partager, il faut se mettre au travail et acquérir quelques richesses à offrir. Pour trouver l’énergie voulue pour se défaire d’un bien acquis, il faut la liberté prophétique de la charité qui ouvre à la compassion pour les frères et sœurs dans la détresse. Cela passe par un choix difficile qui suppose d’ouvrir les yeux sur les situations de nos frères. En aucun cas l’ascèse de carême ne nous éloigne du monde où vivent les blessés de notre société qui attendent un plus de vie. Jeûner pour jeûner, n’a pas de sens. Toute ascèse doit avoir pour objectif d’offrir un plus de vie à quelqu’un. Tel en est le sens qui se forge dans l’intimité de Dieu par la prière.

Notre effort de Carême consiste à vivre ces trois dimensions.

Avant d’être bousculés par l’Esprit Saint comme Jésus le fut lorsqu’il le poussa au désert, lieu de tous les dangers, il serait bon de prendre un moment en famille pour décider la manière de vivre ensemble ces trois repères.

Quand prierons-nous ensemble ou seul ? De quoi accepterons-nous de nous priver d’un commun accord… un bien, une distraction, un achat légitime, non pour en retarder l’achat. Nous y renoncerons pour l’offrir et cela suppose d’y réfléchir ensemble pour choisir à qui nous le destinerons… Ainsi en comptant les uns sur les autres pour être fidèles aux décisions prises, notre charité ne restera pas lettre morte. Nous serons plus en vérité au jour de Pâques.

Avant de prendre la route, Jésus laisse 3 recommandations :
Pas d’esbroufe ! Pas de spectacle ! Sur le chemin de la sainteté, on triomphe sans panache, humblement : la victoire est l’oeuvre de l’Esprit Saint en nous.. ..

Tomber les masques des illusions !

Déleste-toi ! La marche est longue: 40 jours ! L’inutile est pesant et mortifère.

Fixe ton itinéraire ! un jour pour t’abreuver à la lecture de la Parole de Dieu, un autre pour une célébration eucharistique en semaine, un autre pour une rencontre en famille qui permette d’entretenir de feu de l’obéissance à ce qui a été décidé et faire le choix de la destination du don.

Jacques Turck +