La miséricorde patiente de Dieu

Nous célébrons aujourd’hui le deuxième dimanche de Pâques, institué comme le dimanche de la Divine Miséricorde par saint Jean-Paul II en 2000. Qu’elle est belle, cette réalité de la foi pour notre vie : la miséricorde de Dieu. Un amour aussi grand, aussi profond, celui de Dieu pour nous, un amour qui ne fait pas défaut, qui nous saisit toujours par la main et nous soutient, nous relève, nous guide, toujours avec patience.

Oui, Dieu est patient avec nous. Dans l’Evangile d’aujourd’hui, l’apôtre Thomas fait justement l’expérience de la miséricorde de Dieu. Thomas ne se fie pas à ce que les autres Apôtres lui disent : « Nous avons vu le Seigneur ». Il veut voir, il veut mettre sa main dans la marque des clous et dans son côté. Et quelle est la réaction de Jésus ? La patience : Jésus n’abandonne pas Thomas l’obstiné dans son incrédulité ; il lui donne le temps d’une semaine, il ne ferme pas la porte, il attend. Et Thomas reconnaît sa propre pauvreté, son peu de foi. « Mon Seigneur et mon Dieu ». Par cette invocation simple mais pleine de foi, il répond à la patience de Jésus.

Et rappelons-nous aussi Pierre : par trois fois, il renie Jésus, juste au moment où il devait lui être plus proche ; et quand il touche le fond, il rencontre le regard de Jésus qui, avec patience, sans parole, semble lui dire : « Pierre, n’aie pas peur de ta faiblesse, aie confiance en moi » ; et Pierre comprend, sent le regard d’amour de Jésus et pleure. Pensons aux deux disciples d’Emmaüs : le visage triste, une marche vaine, sans espérance. Mais Jésus ne les abandonne pas : il parcourt le chemin avec eux. Avec patience, il explique les Ecritures qui le concernaient et il reste avec eux pour partager le repas. C’est le style de Dieu : il n’est pas impatient comme nous, nous qui voulons souvent tout et tout de suite, même dans notre relation avec les personnes. Dieu est patient avec nous car il nous aime et qui aime comprend, espère, fait confiance, n’abandonne pas, ne coupe pas les ponts, sait pardonner. Souvenons-nous de cela dans notre vie de chrétiens : Dieu nous attend toujours, même quand nous nous sommes éloignés ! Lui n’est jamais loin et, si nous revenons à lui, il est prêt à nous embrasser.

C’est l’occasion de relire la parabole du Père miséricordieux. Le jeune fils, pourtant aimé, décide de s’éloigner de la maison du Père, réclamant sa part d’héritage. Et quand il a touché le fond, il a la nostalgie de la chaleur de la maison paternelle et décide d’y retourner. Pendant tout le temps de son éloignement, le Père, avec patience et amour, avec espérance et miséricorde, n’avait pas cessé un instant de penser à lui et, à peine l’aperçoit-il encore au loin, il court à sa rencontre et l’embrasse avec tendresse, sans une parole de reproche. Telle est la joie du Père. Dans son accolade avec son fils se tient toute sa joie. Le Père ne se lasse pas d’attendre son fils perdu. Jésus nous raconte cette parabole de la patience miséricordieuse de Dieu pour que nous retrouvions confiance et espérance.

De notre part, il nous faut faire un effort. La patience de Dieu doit trouver en nous le courage de revenir à lui, quelle que soit l’erreur, quel que soit le péché qui est dans notre vie. Quelqu’un pourrait peut-être penser : mon péché est tellement grand, mon éloignement de Dieu est comme celui du plus jeune fils de la parabole, mon incrédulité est comme celle de Thomas, j’ai renié le Seigneur bien plus que trois fois, je n’ai pas le courage de retourner, de penser que Dieu puisse m’accueillir et qu’il m’attende, moi. Mais Dieu nous attend toujours. Il nous demande seulement le courage de venir à lui. Ne craignons pas l’amour de Dieu. Pour Lui, nous ne sommes pas des numéros, nous sommes importants, ou mieux, nous sommes le plus important de ce qu’il a ; même pécheurs, nous sommes ce qui lui tient le plus à cœur. Ne perdons jamais confiance en la miséricorde patiente de Dieu.

Père Juan Garriga Gonzalez, vicaire

Inspiré de l’homélie du pape François lors du dimanche de la Miséricorde 2017.