Journée Mondiale du malade 2018

Pour la Journée mondiale du malade 2018 – ce dimanche 11 février -, le pape François nous invite à méditer un texte de l’Evangile de saint Jean. Jésus sur la croix s’adresse à Marie et à son disciple bien-aimé en leur disant : « Voici ton fils… voici ta mère. Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui » (Jn 19,26-27).

Par cette parole du Christ, Marie et Jean se trouvent au pied de la croix, décentrés de leur souffrance. Ils sont amenés à poursuivre la volonté d’amour du Christ en prenant soin l’un de l’autre. Cet héritage s’étend à toute l’humanité, nous dit le pape : « Marie et les disciples savent que le cœur de Jésus est ouvert à tous sans exclusion. L’Evangile du Royaume doit être annoncé à tous et la charité des chrétiens doit s’adresser à tous ceux qui sont dans le besoin, simplement parce que ces personnes sont des enfants de Dieu ».

L’aumônerie de l’hôpital Corentin-Celton est une de ces familles d’accueil de notre humanité dans toute sa diversité. C’est son pain quotidien qui se présente sous de multiples facettes… en accompagnant la vie jusqu’à son dernier souffle, en tendant une main pour rompre l’isolement de la maladie, en accueillant l’inattendu,…

Une femme dans le hall de l’hôpital, manifestement troublée, s’adresse à moi pour savoir où se trouve son père qui ne figure pas sur la liste des patients de l’hôpital. Pourtant un courrier administratif, qu’elle vient de recevoir, dit clairement que son père est hospitalisé à Corentin-Celton. Cela fait plus de trente ans qu’elle n’avait pas pu le voir et elle veut saisir cette occasion de le retrouver. Or je sais que cet homme est décédé il y a quelques temps, le jour même de la Toussaint, quelque temps après avoir reçu du Père Juan Garriga, prêtre référent de notre aumônerie, le dernier sacrement.

Il me fallait annoncer à cette femme le décès de son père qu’elle désirait retrouver après 30 ans de séparation ! C’était important qu’elle puisse savoir que son père avait été accompagné jusqu’au dernier moment non seulement par l’aumônerie mais par tout le personnel soignant de l’hôpital. Nous avons ainsi pu accompagner non seulement cet homme, mais aussi accueillir le désarroi de sa fille et lui transmettre après coup une présence de son père. L’équipe de l’aumônerie accueille chaque personne que le Seigneur lui confie jour après jour, bien souvent de façon inattendue mais aussi providentielle !

Marie-Ange de Fesquet-Yamamoto,
Aumônerie Catholique de l’Hôpital Corentin-Celton