Demandez-vous le baptême ?

Question étrange : si nous sommes là, pratiquants plus ou moins réguliers, c’est sans doute que nous sommes déjà baptisés. Nous avons pour la plupart reçu le baptême enfants, et même bébés. Mais si cela n’avait pas été le cas, le demanderions-nous maintenant, ce baptême ? Aurions-nous cette demande, cette attente ?

Jésus, nous l’avons rappelé la semaine dernière, a demandé à Jean le baptême. A l’âge adulte. Et cette année, dans la nuit de Pâques, huit catéchumènes adultes vont être baptisés à Issy-les-Moulineaux. Baptisés dans la mort et la résurrection du Christ.

« Catéchumènes »… Un mot ancien, longtemps oublié. Des adultes non-baptisés attirés par la foi chrétienne, mais aussi, par extension, des baptisés non catéchisés qui souhaitent recevoir le sacrement de Confirmation ou accéder à la pleine Communion. Ou encore, des «recommençants», c’est-à-dire des chrétiens qui s’étaient éloignés de la foi et qui souhaitent l’aide de la communauté pour la redécouvrir.

Les catéchumènes sont le signe d’une Eglise qui vit, qui inspire la foi en Jésus-Christ. Connaissons-les, intéressons-nous à eux, comprenons les étapes de leur parcours, notamment celles qui ont lieu au cours de nos messes : la cérémonie de l’entrée en catéchuménat, les « scrutins » du temps de Carême, le baptême au cours de la vigile pascale. 

Les catéchumènes ont besoin de nous. Besoin d’accompagnateurs, d’abord : chaque catéchumène (ou confirmand ou «recommençant») a un accompagnateur. Régulièrement, pendant des mois, ces chrétiens, ces baptisés comme vous et moi cheminent avec eux. 

Besoin d’accueil aussi, de la part de nous tous. Avant leur baptême,
mais aussi après, lorsqu’on les appelle « néophytes ». Accueil dans notre communauté, dans nos groupes, dans nos activités, pour que leur joie de nouveaux chrétiens trouve à s’épanouir et nous revigore.

Les catéchumènes adultes pourraient être bien plus nombreux, car nombreuses dans notre monde sont les personnes en recherche de sens à leur vie. C’est à nous d’être à l’écoute des attentes de foi. C’est à nous de reconnaître les demandes de foi chrétienne, même peu explicites, et de les accueillir, de les orienter.

Pour susciter ces demandes, soyons nous-mêmes des exemples de foi vivante, de foi enthousiaste. Comme si nous demandions le baptême.

Hubert et Marie-Noëlle de Milly,
catéchuménat d’Issy