Porter la communion aux malades

Au cours des derniers mois, de multiples occasions m’ont permis de redécouvrir un service que je côtoyais peu : celui de porter l’eucharistie aux malades. Ce service est un geste de Foi d’une très grande profondeur et d’une très grande richesse.

Il accomplit ce que Jésus nous dit dans Matthieu (25, 35-36) : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; j’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi ! ».

Il rappelle en outre que l’Eglise est le corps du Christ ; et dans ce corps, « si un membre souffre, tous les membres partagent ses souffrances » (1 Co 12, 26).

Ce service me touche aussi d’une manière toute particulière, car il renforce le sens de l’ordination des diacres : être configuré à Jésus le Messie-Serviteur et Lui permettre d’être présent au cœur-même de notre vie d’hommes ; s’efforcer d’être humblement « la main du cœur » de notre évêque à l’égard de ceux qui sont loin et que Jésus voudrait rejoindre et réconforter. D’ailleurs, dès l’an 150, Saint Justin décrit la messe en disant que « l’on envoie leur part (des aliments consacrés, c’est-à-dire l’Eucharistie) aux absents, par le ministère des diacres ».

Agir de cette manière n’est évidemment pas du domaine exclusif des diacres, bien au contraire : aucun d’entre nous ne peut se dire fidèle au Christ s’il ne prend soin de son prochain, surtout du plus fragile. Porter l’Eucharistie à un frère malade, partager avec lui la Parole de Dieu entendue lors de la messe, prier ensemble sont des gestes signifiants d’amour et nourrissent une communion en plénitude. C’est ainsi que nous sommes attendus par le Christ.

Plusieurs personnes dans nos assemblées rendent ce service de rejoindre nos frères absents. Leur fidélité est édifiante. Merci à elles, par leur constance, de nous aider ainsi à nous conformer un peu mieux encore à ce Christ qui vient jusqu’à nous pour nous aimer. Rejoignons-les !

Amaury Bertram, diacre